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Quand papa n'est pas là
Les parents sont porteurs de la « loi» symbolique, des interdits fondamentaux. Ils sont deux à devoir mettre des limites, à donner du sens, à être des modèles. Pourtant, force est de constater que le père a acquis une place particulière dans notre société. Voici ce qu'écrivait Freud à ce propos: «C'est l'autorité des parents, essentiellement celle du père despotique, qui menace l'enfant de son pouvoir de punir, qui incite celui-ci à renoncer à ses pulsions, qui fixe pour ce même enfant ce qui lui est permis et ce qui lui est défendu».
D'un côté, tous les spécialistes s'entendent à reconnaître l'importance du père aujourd'hui. De l'autre, les remaniements de la famille (divorces, recompositions, monoparentalité,...) rendent sa fonction de plus en plus incertaine. Alors, comment l'enfant réagit-il face aux limites que le parent resté seul lui pose? Le remaniement familial. a-t-il une incidence sur le quotidien et sur l'avenir? «Je veux vivre avec papa» Quand les parents sont séparés, il peut arriver, notamment à l'adolescence, que se manifeste pour l'enfant, le plus souvent le garçon, le désir de s'installer avec le père. Paul, 8 ans, me disait qu'il n'osait pas en parler à sa mère, de peur de lui faire de la peine. Quand ils étaient venus tous les deux consulter, la mère avait pleuré en évoquant son divorce qui remontait à plusieurs années. Le père de Paul vivait avec une autre femme et, lui aussi, par peur de chagriner son ex-femme. n'avait pas mentionné le désir de leur fils. Une longue entrevue dénoua la situation. La mère sentit que son fils avait besoin de son père. Elle comprit aussi qu'il ne pouvait être son consolateur.
La séparation des parents est plus ou moins grave selon le degré de développement de l'enfant. Un bébé a besoin de sécurité, si le père s'éloigne, il faut le lui dire et lui expliquer. L'enfant trouvera la sécurité auprès de sa mère et c'est plus tard, comme dans le cas de Paul, que le garçon ou la fille aura besoin d'une présence masculine effective.
Le divorce n'est pas destructeur s'il est bien vécu par les parents. Ce qui est perturbant pour l'enfant, c'est l'angoisse qu'il sent, l'absence de paroles ou les paroles fausses qui lui sont dites. C'est encore d'être obligé de prendre parti.
Comment intérioriser le père? Le père, aiment à dire les enfants d'un certain âge, c'est «celui qui sait ». Filles ou garçons, ils en ont besoin. Mais qu'il soit présent ou absent, ce qui est important, c'est la façon dont la mère des enfants considère le père de ceux-ci. Beaucoup d'adolescents ont des difficultés dues à une place défaillante du père. Celui-ci, bien qu'absent, peut être rendu présent par la mère, à travers ses paroles. Les parents sont des modèles, des exemples à dépasser. Et plus les enfants grandissent, plus ils se trouvent des modèles. Les enfants ont besoin de « rivaliser» avec leurs parents. Ainsi, ils affirment leurs différences et peuvent les dépasser.
Extrait tiré du livre de Catherine Saladin-Grizivatz, « L'autorité », éd. Bayard.
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