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Mes vieux sont nuls!
Pourquoi les ados ont-ils tendance à rejeter leurs parents, à avoir honte d'eux? Où est Marco, l'enfant gai et aimant que vous connaissiez? Aujourd'hui ado et trop taciturne à votre goût, ce môme de 13 ans vous trouve ringard et vous snobe. Pire, il a honte de vous. Conséquence: il ne veut plus que vous l'attendiez à la sortie de l'école, refuse d'être vu en votre compagnie dans la rue, se soustrait à votre étreinte quand vous tentez de lui faire un bisou...
C'est grave docteur? On pourrait le croire si l'on s'en tenait uniquement au terme utilisé par le célèbre pédiatre et psychanalyste anglais D.W. Winnicott pour qualifier ce passage... «Il parlait de meurtre parental », note le prof. D. Marcelli, pédopsychiatre au CHU de Poitiers. L'idée, au fond, c'est «je tue mes parents pour me libérer de leur tutelle ». Il s'agit ici bien sûr d'un meurtre symbolique. Dans les faits, c'est de l'image idéale de papa maman que Marco veut se débarrasser! «Il remet en cause sa relation avec ses parents et cherche à se dégager de leur protection qu'il ressent désormais comme une entrave », précise notre interlocuteur, coauteur - avec la journaliste Guillemette de La Borie - de Tracas d'ados, soucis de parents. L'ado doit rompre le lien oedipien pour grandir et s'émanciper.
Sous influence Marco n'est donc pas un affreux jojo. Comme tous les garçons et filles de son âge, son creur balance entre amour et haine, mais il reste "'- même s'il se bat.. pour s'affranchir de l'influence de sa mère et de son père - très attachés à ces derniers. D'ailleurs, ce vent de révolte se calme en général vers 16-17 ans pour faire gentiment place à une nouvelle relation parents-enfant. Quelle attitude les adultes devraientils alors adopter dans l'intervalle? D. Marcelli : «Il faut qu'ils déculpabilisent, qu'ils sachant que ce ne sont pas eux qui sont nuls ou mauvais parents, mais que c'est l'adolescent qui a besoin de « s'autonomiser» et qui ne veut plus passer, aux yeux de ses copains, pour l'enfant qu'il était jadis.»
Quelques mesures Pour aider Marco, il suffit, par exemple, de le laisser faire seul les cent mètres qui le séparent de son collège, de ne pas lui faire de gros bisou en public ou d'accepter qu'il marche à quelques pas de vous dans la rue. Et si ces mesures ne suffisent pas et que le conflit s'envenime? «Quand l'affrontement devient vigoureux,m c'est-à-dire qu'il touche tout le monde, tous les domaines de la vie de l'adolescent et qu'il dure - la solution, toujours, c'est d'introduire un tiers, soit les grands-parents, une personne de confiance, le médecin de famille, voire éventuellement un psychologue ou un psychiatre », conseille le professeur de Poitiers avant de conclure:« Les parents doivent accepter l'idée de prendre un peu de distance, ce qui ne veut pas dire d'être indifférents ».
Article tiré du magazine Construire 2, 7 janvier 2003 |