Etre mère ou père ayant la charge éducative d'un ou de plusieurs enfants, à la suite d'un divorce, d'un veuvage, d'un abandon... comment faire face?
Pour remédier aux problèmes les plus urgents et répondre aux questions qui surgissent en pareille situation, l'Association des Familles Monoparentales a vu le jour en 1977, sous l'impulsion de femmes confrontées à leur solitude et à leur désarroi. Unies et solidaires, elles se sont consacrées à mettre sur pied une structure qui offre accueil, écoute et un soutien à la fois pratique, psychologique et juridique.
La publication d'un journal sert de relais pour informer ses membres des activités organisées par l'association, afin de favoriser rencontres, échanges et partage. Diverses animations ponctuelles, destinées plus particulièrement aux juniors permettent, certains samedis, d'alléger des fins de semaines surchargées.
Se retrouver brusquement en situation « Monoparentale» engendre souvent un état dépressif qui ne facilite pas les démarches imposées par ce nouveau statut social: recherche d'un nouvel appartement, d'un avocat pour entamer une procédure en vue d'un divorce, parfois recherche d'un emploi et réinsertion dans l'univers professionnel après une période de congé éducatif, mise sur pied de l'encadrement parascolaire pour assurer la garde des enfants hors de l'école... enfin, tout un parcours que l'AFM s'efforce d'aplanir.
Jour après jour, les « permanentes» de l'AFM, en tentant de résoudre les problèmes qui leur sont exposés, constatent que pour améliorer la situation des familles monoparentales et pallier la précarité qui les touche de plein fouet, des mesures, dont certaines sont déjà à l'étude ou ont déjà été revendiquées par l'AFM, doivent se concrétiser:
• introduction de déductions fiscales conséquentes pour le parent qui assume seul la garde de(s) enfant(s). Ces déductions doivent aussi tenir compte des dépenses occasionnées par le placement des enfants durant les congés scolaires (14 semaines/an),
• taxation séparée des conjoints, afin d'éviter que la femme divorcée paie les arriérés d'impôts non payés par un mari insouciant,
• non-imposition de la totalité des pensions alimentaires versées au bénéficiaire,
• versement d'allocations d'études tenant compte de la situation particulière des familles monoparentales,
• etc.
Si, de plus en plus souvent, la situation économique oblige les femmes à travailler pour que les couples aient un revenu décent, imaginez-vous la situation financière des familles monoparentales, qui se retrouvent avec un seul salaire, des charges entières et des doubles journées? Comment dès lors concilier emploi, horaires scolaires et encadrement familial sans stress? Comment résister aux pressions de certains employeurs qui ne font preuve d'aucune souplesse dans les horaires et qui recourent de plus en plus au travail sur appel? Comment, épuisé(e) après 8 heures de travail et quelques quarts d'heure de déplacement, être disponible pour des enfants déjà fragilisés par la séparation? Comment, dans ces conditions, maintenir l'équilibre d'une structure familiale?
L'avenir de notre société dépend en partie des réponses qui seront apportées à ces questions. Biologiquement, une cellule sans noyau n'est pas viable et, si nous ne donnons pas la possibilité au «monoparent» de rester au centre, nous allons au-devant d'une destructuration, annoncée déjà par l'augmentation des suicides, des internements psychiatriques, des comportements violents chez les adolescents, auxquels nous pouvons ajouter l'augmentation des facteurs de stress chez les adultes, entre autres.
Claire-Lise Garcia
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